Le patron du Clovis s’apprêtait à vendre son bar-tabac quand le plan Vigipirate post-attentat a bouleversé ses plans. Depuis la mise en place du plan Vigipirate, il était en effet devenu impossible de stationner à proximité de la synagogue de Reims, établissement situé en face du bar-tabac Le Clovis. La synagogue été placé sous protection jour et nuit. La présence permanente des militaires et les barrières interdisant le stationnement a fait progressivement fuir une grande partie des habitués du bar-tabac, estime le gérant. «Personne n’avait le droit de s’arrêter: il y avait des barrières partout pendant 5-6 mois. Ça a immédiatement plombé mon chiffre d’affaires», a ainsi confié le patron du Clovis avant d’ajouter: «Il y a avait 18 militaires jour et nuit devant mon commerce, trois groupes de six précisemment!», déclare t-il révolté.
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Le lendemain de l’attentat de Nice, il lui a été demandé de faire un compte-rendu précis au ministère de l’Intérieur. « Un commissaire de la police nationale s’est présenté à moi. Il m’a dit qu’il était envoyé par le ministère de l’Intérieur et m’a demandé de faire un compte rendu pour le ministère », explique-t-elle. « Il fallait que je décrive par séquence de 10 secondes ce que je voyais aux caméras de vidéosurveillance et que j’indique l’emplacement des effectifs de la police municipale et nationale. »
Elle évoque ensuite les pressions dont elle avait déjà parlé dans sa première interview. « On m’a dit qu’il fallait que je fasse vite et que j’envoie un rapport modifiable. Cela a duré entre 1h et 1h30, la personne du ministère a rappelé sur le téléphone de service pour que je me dépêche. C’est du harcèlement. J’ai refusé d’envoyer une version modifiable de mon rapport. Un commandant de police qui aurait pris la relève du commissaire a dit qu’il me réquisitionnait, que je n’avais pas le choix. Je ne suis pas une menteuse, je dis la vérité, j’ai subi des pressions ».
